Carnets de voyages et d'aventures de Vero et Eddy - Textes, photos, dessins mais aussi humour sont nos compagnons de voyages. D'autres voyageurs nous ont rejoints et proposent, eux aussi, leurs destinations favorites sur notre blog
| Dans les forums de voyages, tous déconseillent la visite du golden rock durant la saison des pluies, certains allant jusqu'à dire que le site est fermé. Nous avons, pour habitude, dans de pareilles circonstances de mettre tous les atouts de notre côté. Avec l'aide d'une agence de voyages, nous louons une voiture et nous attachons les services d'un chauffeur et d'un interprète. Nous n'emportons qu'un bagage léger et quittons BAGO à 7AM, avec comme objectif d'atteindre le rocher avant la nuit. La route qui mène au village le plus proche est peu fréquentée. Au bout d'1 heure, nous l'apprendrons par la suite, nos compagnons découvrent, lors d'une halte, que plus aucun véhicule n'est passé en sens inverse depuis longtemps. Au détour de la route, parfois lisse, mais souvent défoncée, un bus est immobilisé, et devant lui un autre et sur la gauche un camion à l'arrêt lui aussi. Eddy et l'interprète partent aux nouvelles. |
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| Au bout d'1/4 d'heure, rien n'a bougé et d'autres véhicules sont maintenant derrière nous. J'écris. En voyage, c'est à cette occupation que je m'adonne durant les attentes. Tout à coup une bonne trentaine de véhicules en sens inverse émerge d'entre les bus et les camions. Le chauffeur est prompt à réagir. Il jette sa cigarette, saute sur son siège, met le contact et déboîte juste après le passage du dernier pick-up. Nous remontons une file de voitures coincées entre des poids lourds, des mini ou maxi bus dont les passagers ont débarqué. |
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| Après un bon kilomètre, toujours pas de trace d'Eddy et il s'est mis à bien pleuvoir. Tout à coup, je fais signe au chauffeur, je viens de reconnaître mon Chouchou sous un casque de chantier. Il le retire et s'engouffre dans la voiture pour nous mettre au courant des événements. C'est l'effondrement d'un pont la nuit dernière qui est la cause de ces blocages, mais l'interprète me précise que nous allons profiter du passage d'1 VIP pour nous faufiler à sa suite. Quelques policiers et des bénévoles issus des véhicules à l'arrêt tentent de discipliner les conducteurs afin de laisser un passage au centre de la route pour rétablir un début de circulation. Nous arrivons au pont en question dans une file de "véhicules légers". J'ai abaissé la vitre pour mieux voir. Une équipe juchée sur les matériaux s'est mise de côté afin de permettre le passage sur le nouveau pont qu'ils viennent de construire en un temps record. Par prudence, les automobilistes passent un à un, mais cela à l'air solide. Nous ne sommes pas au bout de notre attente pour autant, car ici aussi "le chacun-pour-soi" a joué. Il nous faudra encore 1/2 heure de sauts de puce et de gymkhana avant de retrouver une route cabossée, mais dégagée. Nous traversons un pont plus important qui enjambe la Sittoung river et constitue la frontière avec l'état Mon. Photo interdite - zone stratégique - occasionnelle insurrection, nous précise l'interprète. |
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| La pluie s'est arrêtée et une éclaircie nous permet d'entrevoir, se détachant sur le vert de la montagne, un gros point couleur or. Un plan succinct dessiné à notre intention, à l'agence de voyages, nous apprend qu'après avoir traversé la ville de Kyaikhto, nous gagnerons le camp de base nommé Kinpun. Un touriste nous a devancés et lit appuyé sur la benne d'un camion dans lequel on charge des matériaux de construction. L'un de ces camions sera notre prochain véhicule. L'idée de s'adjoindre un interprète nous a évité bien des tracas pour les tractations. Il s'occupe de négocier les deux places dans la cabine et persuade le visiteur restant de payer 2500 kyats pour une place à ses côtés dans la benne. Départ immédiat. Quelques Birmans sont aussi du voyage. Notre chauffeur reste en bas et reviendra nous prendre demain. 1/2 heure en poids lourd sur une petite route en lacets suffira pour atteindre la halte intermédiaire. Les touristes ne sont plus autorisés à occuper les camions, pour le reste du trajet depuis un accident mortel. |
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| Il faut continuer à pied sur une route en ciment, mais très escarpée. Ceux qui sont incapables de produire un tel effort peuvent s'installer dans une chaise à porteurs ou confier leurs bagages à des enfants. Tout ce petit monde nous suit pendant un bon bout de chemin pour nous laisser apprécier la difficulté avant de dire définitivement non. La pluie nous accompagne, mais des gargotes, sur le chemin, nous permettent autant de haltes que nécessaire. Nous atteignons le village, au sommet, en 45 minutes. |
| Véro |