Carnets de voyages et d'aventures de Vero et Eddy - Textes, photos, dessins mais aussi humour sont nos compagnons de voyages. D'autres voyageurs nous ont rejoints et proposent, eux aussi, leurs destinations favorites sur notre blog
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| Mis en appétit par ce que j'ai déjà vu au cours de cette après-midi, il me suffit du prétexte de la bouteille d'eau pour la journée du lendemain pour me remettre en route. Je sais qu'il y a un magasin d'alimentation à droite de l'hôtel mais c'est à gauche que je m'aventure, question de ne pas remettre les pas dans les pas. Les commerces ne manquent pas mais aucun ne vend de l'eau. Pendant près d'une heure, j'ai admiré les devantures de quincailleries, marchands de vélos et motos sans oublier les plombiers, etc. et je suis sur le point de rebrousser chemin lorsque mon œil tombe sur une place en construction. Je contourne le chantier et derrière… je viens de remonter le temps de près de deux siècles. Si je n'étais en Chine, je ne serais (presque) pas surpris de rencontrer Dickens. Ça commence par une ruelle digne de l'Angleterre industrielle. Juste assez large pour laisser passage à trois personnes, elle offre le même spectacle des deux côtés et se termine par une espèce de masure que je soupçonne fort de contenir les seules toilettes du pâté de maisons. Ça ferait certainement un cliché choc mais je n'ai pas envie de le prendre. Personne ne me verrait mais je me sens soudain l'envie de voir ce quartier comme (j'imagine que) le voient ses habitants… |
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| une arrière-cour s'offre à mon regard. Jeu d'enfant ou aide aux tâches du ménage ? Ce n'est pas ma connaissance du chinois qui m'aidera à trouver réponse à cette question. |
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| mais j'avoue que l'émotion que les lieux suscitent en moi m'a fait oublier ce qui m'y a amené. Les paquets de chewing-gum en bas à droite vous donneront une idée de la taille du bollewinkel du coin… |
| Je me demande comment je réagirais si j'habitais un quartier défavorisé de Bruxelles et que soudain apparaissait un touriste japonais, appareil photo à la main… Me fondre dans le paysage et devenir "le réverbère sur lequel viennent pisser les chiens" comme l'ambitionnait Doisneau est doublement utopique. Plus encore que l'absence de son talent, il serait vain pour moi de tenter de passer inaperçu. Je suis peut-être le premier blanc qu'ils voient s'aventurer dans leur quartier… Autant dire qu'ils me voient arriver de loin ! Notre conversation se limite à des regards, des sourires, des gestes qui je l'espère n'ont pas un autre sens pour eux. Mon appareil photo représente peut-être leur salaire annuel, voire davantage (salaire moyen d'un fermier du Sechuan en 2002 : 253 US$) et pourtant je ne me sens plus un intrus. |
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| Si chacune des planches de cette porte pouvait raconter ce qu'elle a vécu et ce qu'elle a vu…En dépit de la plaque, les maisons ne sont pas encore reliées à l'égout et c'est dans la rue que l'on vient déverser les bassines d'eau. |
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| Une dernière photo qui illustre, je crois mieux qu'un long commentaire, le contraste que la Chine propose aujourd'hui. Celui qui vit là-haut ne doit pas s'emm… même si les ordures qui s'amoncellent dans la rue lui gâchent peut-être un peu la vue. |
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| Marc |
Eddy et Véro |