Assise à l'avant du bateau, je me remets en mémoire les témoignages lus sur les forums: "Ne vous fiez pas à l'horaire annoncé. Le départ est parfois retardé d'un jour ou deux, mais vous serez autorisés à dormir à bord." Dormir okay, mais nous avons embarqué à 10 heures. Il est 13h30 et rien ne bouge du côté des cuisines. Par cette chaleur, je mangerais bien une petite glace. Puisqu' Eddy a repoussé ma proposition d'aller prendre un déjeuner dans une gargote du port, je passe la passerelle pour voir, si par hasard, l'un des "boui-bouis" propose des "cornetos". Mes infructueuses recherches me conduisent à 300 mètres du bord du fleuve. Bref, juste derrière le coin. Pas le poindre dessert glacé. Tandis que je rebrousse chemin, je reconnais, à une courte distance, un de nos porteurs qui m'a l'air bien énervé. Dans ce pays, si on les écoutait tout se ferait toujours en un court instant. "Momentito", qu'ils disent. Bon, pour lui être agréable, je le rejoins en pressant le pas. Il me pousse sans ménagement dans un mototaxi en s'écriant: "La barca se vuelta". Je crois comprendre que le bateau est parti. Mais cela fait à peine 10 minutes que je m'en suis éloignée. Il veut probablement me dire que les préparatifs de départ sont amorcés. Je n'ai guère le temps de me remettre en mémoire la conjugaison espagnole... nous voilà déjà en bordure du fleuve. Effarement ! Plus trace du GUILMER 1. Il n'est plus amarré et je ne le distingue ni à gauche, ni à droite sur le fleuve. La surprise fait place à l'incrédulité. Ce bateau n'a pas pu disparaître en dix minutes. D'un rapide coup d'oeil, je scrute les alentours, immédiatement car je pense à Eddy. Comme je ne le vois pas, je suppose qu'il est resté à bord. |