Carnets de voyages et d'aventures de Vero et Eddy - Textes, photos, dessins mais aussi humour sont nos compagnons de voyages. D'autres voyageurs nous ont rejoints et proposent, eux aussi, leurs destinations favorites sur notre blog
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| Aujourd’hui mon escapade en dehors des sentiers battus du Rajasthan nous conduira à Nagaur… Située à 135 KM au Nord de Jodhpur, Nagaur est aux portes du Marushtali, ou Pays de la Mort, le désert qui forme les franges du Marwar. Ce gros bourg fortifié se trouvait autrefois sur les routes des caravanes et fut l’objet d’âpres disputes entre les clans rajpoutes et les musulmans. |
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| La ville vit depuis toujours au rythme des tempêtes de sable estivales mais aussi de son brillant soleil d’hiver. Le tourisme de masse n’a pas encore fait son entrée ici … et c’est tant mieux !!!La meilleure saison pour s’y rendre se situe d’octobre à mars. |
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| L’histoire du fort est intimement liée à Amar Singh Rathore, fils aîné du Maharaja Gaj Singh Ier de Jodhpur. C’est à son impétuosité mais surtout à ses valeureux faits d’armes que cet héros rajpoute doit d’être entré dans l’histoire… S’étant attiré l’îre de son père suite à son caractère ombrageux et violent, Amar Singh ou Umra ainsi qu’il était appelé, fut destitué de son titre de prince héritier par le maharaja lui-même en 1634 au cours d’une cérémonie appelée des-vatoh. Cette cérémonie fut marquée d’une journée de deuil. Banni pour toujours du Marwar, Amar Singh partit avec une petite troupe de fidèles se mettre au service de la cour moghole d’Agra … |
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| La statue de Amar Singh Rathore |
| Tout en respectant la décision de Gaj Singh Ier, les Moghols furent assez malins pour réaliser que la fougue d’Amar pouvait leur être très utile sur les champs de bataille. Et c’est ainsi qu’en remerciements pour services rendus, l’empereur moghol Sha Jahan attribuera à Amar Singh le fief de Nagaur ainsi que le titre de Rao. Quiconque visitera Ahichattragarh aujourd’hui, se rendra vite compte qu’au delà de ses murs défensifs, c’est un palais de plaisirs et de fastes qui s’étend sous ses yeux ébahis. |
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| L’histoire de la vie tumultueuse et … tragique de ce prince rajpoute devenu vassal des musulmans fera l’objet d’un article ultérieur. Après la mort d’Amar Singh, le fort repassa pour une longue période entre les mains des Moghols. Plus tard, bien que reconnu comme faisant partie de l’héritage du Marwar, il passa sous contrôle britannique. |
| Après l’indépendance de l’Inde, le fort sombra dans l’abandon car le gouvernement indien ne fit rien pour prévenir les actes de vandalisme dont il fit l’objet. Ainsi le fort servit comme casernement pour l’armée indienne qui s’y établit dans les années 1950. Les délicates peintures murales furent recouvertes de plafonnage, les ravissantes arches furent murées et intégrées à d’horribles baraquements de logements … |
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| C’est alors que, il y a environ 1O ans, Gaj Singh II, actuel Maharaja de Jodhpur et chef du clan des Rathore, introduisit une pétition demandant la restitution du Fort à sa famille. Depuis, Ahichattragarh renaît … grâce aux soins attentifs du Mehrangarh Museum Trust. Des sponsors étrangers, dont le Prince Charles d’Angleterre et la Getty Foundation non seulement s’intéressent à la forteresse mais aussi soutiennent les travaux de restauration. Le projet de restauration du Fort de Nagaur a reçu un prix des Nations Unies. Ainsi, si le maharaja Gaj Singh Ier fut, sans le vouloir, le protagoniste d’une histoire qui allait déboucher sur la construction d’Ahichattragarh Fort, c’est son successeur Gaj Singh II ( alias Bapji ) qui, près de 4OO ans plus tard, sauvera le fort majestueux et lui rend peu à peu tout son lustre et sa renommée ! |
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| La boucle est bouclée … Belle revanche sur l’histoire ! Grâce à la vision et l’enthousiasme communicatif de Bapji l’ "Œil de Nagaur " est né cet hiver 2OO7-2OO8. Cette installation digitale multimédia et interactive permet au visiteur de faire un exceptionnel voyage de découvertes à travers les magnifiques espaces architecturaux et de savourer les multiples décorations artistiques remises à jour à travers cette citadelle rajpute-moghole, son magnifique complexe de palais intérieurs, ses délicats pavillons, son enchevêtrement de canaux d’irrigations, fontaines, bassins ( piscines ) ainsi que ses temples et baoris ( puits ) |
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| Des compositions de musique royale traditionnelle accompagnent la présentation panoramique de chaque coin et recoin de ce joyau dont certaines parties remontent au 5 e siècle Il est aujourd’hui possible de loger (pendant l’hiver) dans le superbe " Royal Jodhpur camp ", un camp de toile établi à l’intérieur même de l’enceinte d’Ahichattragarh. |
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| Anne-Marie |