02/06/2009 : Impossible de vous visiter pour l'instant et en plus, pour une raison mytérieuse, vos commentaires n'apparaissent pas sur le blog. Mais soyez rassurés, je les lis avec plaisir dans l'administration. Je vous embrasse tous. Véro et Eddy
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Véro et Eddy
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"Show me your dollars", me lance le préposé. Je lui tends un billet de 100 dollars. Il le prend et l'examine, en tous sens,. sous sa lampe de bureau. Il me le rend et dit : "give me another one". Toutes les dépenses officielles, au Myanmar, se font en dollars, mais attention, en billets neufs uniquement. Nous avons examiné, nous aussi, les billets un par un avant de les acheter. Mais sur le billet que j'ai apporté, il y a une minuscule tache (une tête d'épingle) qui m'a échappée. C'est le seul billet que j'ai sur moi, mais notre grincheux ne veut rien entendre. "My gouvernement don't want those dollars" jette-t-il en guise de justification. Comme j'insiste :" this money is not my money, in my country I cannot buy new notes", il me fait signe de le suivre et m'introduit dans une cellule comme on en voit dans les commissariats. À l'intérieur, 5 ou 6 personnes s'affairent. Elles comptent une grande quantité de billets derrière lesquels elles disparaissent. Je suis en fait au sein de la banque des chemins de fer. Une dame dirige cette équipe et mon billet est soumis à son examen. Les employés viennent aussi donner leur avis et, malheureusement pour moi, on écoute mes arguments. Je vide mon porte-monnaie pour montrer l'état des billets que je reçois ici. Les sourires sont gênés. Je comprends qu'on explique à l'employé grincheux qu'il a peut-être été trop sévère. |
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L'effet ne tarde pas. Il me crie que JAMAIS il ne prendra mon billet. En fait, notre homme vient de perdre la face et me tient pour responsable de sa déconvenue. Ne pas perdre la face est une attitude qui guide les relations en Asie du Sud-Est. C'est un élément important des contacts sociaux, mais difficile à intégrer pour les Occidentaux. Eddy me propose d'aller chercher, à l'hôtel, un autre billet de 100 dollars. Mais voilà, à force de m'imprégner de la culture asiatique, j'en ai attrapé les travers et, moi, non plus je ne veux pas perdre la face. Je jette à mon agresseur le regard qu'on m'a jeté, si souvent, ici lorsque je ne restais pas maître de moi et je me retire. Eddy m'explique à quel point il serait dommage d'abandonner notre projet pour de telles futilités. Il faut que je cède. Mais déjà, dans ma tête germe un embryon de solution. Les employés des hôtels, bien qu'originaires du pays, rencontrent une grande quantité de voyageurs étrangers. Ils possèdent la double perception des choses. Je raconte mon histoire, on examine mon billet et, ici aussi, on le déclare parfait. La patronne de l'hôtel téléphone à la gare. Après une longue conversation, elle me donne la solution : si le préposé n'a pas accepté mon argent, c'est parce qu'il n'avait pas le change pour rendre la monnaie. |
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Alors là, les amis, voici la réponse que j'aurais faite il y a 25 ans : vous ne me ferez pas croire qu'un guichet qui ne vend que des billets aux étrangers n'a pas 20 dollars à me remettre, et ce, dans la deuxième gare du pays. Mais si j'en ai acquis un peu les tics, j'ai aussi profité de la zen-attitude de l'Asie. D'ailleurs, cet épisode ne m'a pas perturbée, je suis plutôt heureuse d'avoir gardé mon sang froid face à un Asiatique. Pour tout vous dire, c'est une première et dans ma tête je me répète : "tu es en bonne voie". Donc, j'accepte avec bienveillance l'explication de la dame, d'autant plus qu'elle me propose de faire la monnaie de mon billet et me procure ainsi l'occasion de ne pas perdre la face, moi, non plus. Je dois à la vérité de dire que les billets qu'elle me remet sont moins neufs que la coupure d'origine. Ma petite somme en poche, nous retournons à la gare avec un mot en birman de la patronne. Dernière précaution, maintenant que je connais les lieux, je passe d'abord à la banque pour obtenir de la responsable la "bénédiction" pour mes billets. Elle pousse la gentillesse jusqu'à m'accompagner chez Grincheux. On nous introduit du côté des employés, et notre homme nous accueille d'un "I'am sorry", en fait ce n’est pas lui, mais son gouvernement qui ne voulait pas de mon argent. |
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Les Birmans savent ce que les Occidentaux pensent de leurs gouvernants et ils leur arrivent d'utiliser cette situation. Pour ma part, je montre aussi mon humilité, j'étale sur sa table le change de mon billet et je lui propose de choisir les coupures qu'il préfère. En échange, je lui demande de nous fournir de bonnes couchettes. Nous voilà réconciliés, pour peu on s'embrasserait, mais ce n'est pas la coutume. Par contre, je lui demande pour immortaliser notre pacte de prendre une photo. Il accepte avec joie. Conclusion : une matinée pour acheter deux billets. C'est presque aussi long que les 24 heures de train que nous allons vivre pour parcourir 700 km vers le nord. |
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Véro
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